La dyscalculie

La dyscalculie se manifeste souvent à l'âge scolaire

Avez-vous déjà entendu parler de la dyscalculie ? Ce trouble d’apprentissage affecte les capacités d’une personne à acquérir les notions en mathématique et en arithmétique. Bien entendu, cela peut provoquer des difficultés dans le cheminement scolaire, mais également lors des activités quotidiennes qui nécessitent l’utilisation de ces notions.

 

Comme pour l’ensemble des troubles d’apprentissage, il est possible de pallier les difficultés engendrées par la dyscalculie pour permettre aux personnes qui en souffrent de fonctionner de manière optimale. Mais, encore faut-il connaître les manifestations de ce trouble afin de pouvoir aller chercher le support adéquat. C’est pourquoi vos orthophonistes du Centre Mosaïque de Québec ont préparé cet article.

 

Qu’est-ce que la dyscalculie ?

Au fil des années, on a désigné la dyscalculie sous plusieurs noms : trouble du calcul, trouble spécifique d’apprentissage des mathématiques, et on en passe… Peu importe le nom par lequel on la désigne, on estime que la dyscalculie touche de 3 à 6 % des enfants d’âge scolaire, ce qui représente une proportion non négligeable.

 

Alors que la dyslexie, qui est beaucoup mieux connue du public, affecte les capacités liées à la lecture, ce sont les différentes actions reliées aux mathématiques qui sont touchées dans le cas de la dyscalculie : compter, calculer, reconnaître les différents symboles mathématiques, résoudre un problème, etc. La dyscalculie est un trouble neurodéveloppemental, c’est-à-dire que ses causes sont biologiques. Il s’agit d’un trouble permanent qui ne peut être traité à proprement dit. Toutefois, on peut mettre en place certaines stratégies pour compenser les difficultés rencontrées.

 

Causes et manifestations de ce trouble

Comme mentionné précédemment, la dyscalculie est directement associée au développement neurologique. On pense qu’elle serait liée à un développement ou un fonctionnement inadéquat de certaines zones du cerveau qui sont responsables du calcul et des capacités nécessaires à la résolution de problèmes mathématiques. Cela pourrait être dû à des facteurs génétiques, à l’environnement de l’enfant, à des naissances prématurées ou à des traumatismes crâniens. À ce jour, les scientifiques ne sont pas parvenus à en préciser les causes exactes.

 

Dans tous les cas, la dyscalculie peut se manifester de plusieurs façons, notamment :

  • Des difficultés à comprendre les concepts mathématiques, tels que la quantité, l’ordre des nombres, les valeurs positives et négatives, etc.
  • Des difficultés à comprendre les symboles associés aux additions, soustractions, multiplications, divisions, etc.
  • Des difficultés à compter des objets, à définir un nombre.
  • Des difficultés à lire les nombres plus complexes.
  • Des difficultés en calcul mental. L’individu peut sembler plus lent que la normale.
  • Des difficultés à lire l’heure et à comprendre les concepts reliés au temps (heures, jours, mois, etc.).
  • Des difficultés avec les tâches reliées à l’argent (compter l’argent, rendre le change, etc.).
  • Des difficultés à comprendre les informations et à les organiser pour résoudre un problème mathématique.
  • L’individu peut faire des erreurs, autant pour la lecture que pour l’écriture des nombres, mais aussi pour les dicter.
  • Il peut avoir des difficultés pour s’orienter dans l’espace.

 

L’importance de l’intervention en orthophonie en cas de dyscalculie

Comme c’est toujours le cas pour les troubles d’apprentissage, l’individu qui souffre de dyscalculie bénéficie sans contredit d’une prise en charge rapide. Pour ce faire, il peut être pertinent de discuter avec l’enseignant lorsqu’il est question d’une personne d’âge scolaire. Celui-ci saura évaluer le niveau de l’élève en mathématiques, en le comparant avec ses pairs. Or, il n’est pas rare que la dyscalculie soit confondue avec de la paresse, ou simplement un manque d’intérêt pour les mathématiques. C’est pourquoi il est primordial d’également s’adresser à un professionnel qui saura évaluer les capacités d’apprentissage de l’enfant ou de l’adolescent.

 

L’orthophoniste possède les qualifications et les outils pour évaluer avec précisions les habiletés et la compréhension des notions mathématiques d’une personne qui fait face à la dyscalculie. Par différents tests, on peut déterminer les aspects où l’élève rencontre le plus de difficultés, pour ensuite mettre sur pied un plan d’intervention qui l’aidera à pallier ces difficultés. On peut notamment lui proposer des exercices, l’utilisation de matériel adapté en classe, etc. Comme chaque personne qui souffre de dyscalculie a des forces et des faiblesses, on vise à bien définir quelles sont ces dernières pour pouvoir travailler sur les aspects de la compréhension mathématiques qui présentent des lacunes.

 

En général, lorsqu’un individu reçoit un diagnostic de dyscalculie, cela représente un pas vers l’avant, puisque ça lui permet d’expliquer pourquoi il rencontre des défis supplémentaires et de mieux comprendre quels sont ces défis afin de mieux travailler sur ceux-ci !

 

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste