La dyspraxie verbale

Un enfant avec une dyspraxie verbale

Le développement de la parole et du langage est essentiel au développement socioaffectif des enfants. Malheureusement, celui-ci ne se fait pas sans embuches chez l’ensemble d’entre eux, puisque certains rencontrent des obstacles supplémentaires qui sont susceptibles de nuire à leur épanouissement. C’est notamment le cas des enfants qui font face à la dyspraxie verbale, un trouble peu connu qui risque d’affecter considérablement la capacité d’un enfant à se faire comprendre par son entourage. Pour en amoindrir les conséquences, la dyspraxie verbale doit faire l’objet d’un suivi spécifique et rigoureux en orthophonie.

 

Un trouble moteur des sons de la parole

Alors qu’elle est souvent confondue pour un trouble d’articulation, la dyspraxie verbale est en fait un trouble d’origine neurologique. Pour la comprendre, il est pertinent de savoir ce qu’est la dyspraxie motrice. Il s’agit d’un trouble de la planification et de la coordination des gestes moteurs qui sont nécessaires pour réaliser différents mouvements, par exemple courir ou monter sur une chaise. On nomme aussi la dyspraxie motrice « trouble de l’acquisition de la coordination ».

 

Dans le cas de la dyspraxie verbale, l’enfant a de la difficulté à planifier et à coordonner les mouvements de sa bouche, de sa langue et de ses cordes vocales pour produire les sons de la parole. En d’autres mots, il sait ce qu’il veut dire, mais il est incapable d’envoyer les bons signaux aux structures qui sont responsables de la production de la parole afin qu’elles émettent les bons sons.

 

La dyspraxie motrice et la dyspraxie verbale sont deux troubles distincts. Un enfant peut être atteint des deux types de dyspraxie, mais ce n’est pas toujours le cas puisqu’on peut présenter une dyspraxie verbale sans dyspraxie motrice, et vice versa.

 

La dyspraxie verbale : comment se manifeste-t-elle ?

Un enfant qui est aux prises avec ce trouble a beaucoup plus de difficultés à se faire comprendre par son entourage que les autres enfants du même âge. De plus, l’enfant dyspraxique n’améliore généralement pas sa prononciation au même rythme soutenu que ses camarades.

 

La dyspraxie verbale se manifeste notamment par les signes suivants :

  • L’enfant est inintelligible pour son entourage, et particulièrement par les personnes qui le connaissent peu ;
  • Sa compréhension du langage semble beaucoup plus avancée que son expression ;
  • Il a de la difficulté à produire des mots et des phrases plus longues. Il ne fait généralement que de petites phrases ;
  • Il fait beaucoup d’erreurs de prononciation de certains sons et certaines syllabes, et ces erreurs ne sont pas constantes ;
  • Son discours est saccadé, il prend des pauses entre les syllabes d’un même mot ou entre deux mots d’une même phrase ;
  • Il semble chercher comment placer sa bouche pour produire certains sons.

 

Il est important de noter qu’à cause des difficultés qu’engendre la dyspraxie verbale au niveau de l’expression, d’autres conséquences peuvent en découler. L’enfant peut notamment présenter des difficultés dans la gestion de ses émotions, des troubles de comportement ou de l’anxiété. Ces conséquences sont directement liées aux difficultés que l’enfant a lorsque vient le temps d’exprimer ses émotions et ses besoins. De plus, la dyspraxie verbale peut avoir un effet important sur l’apprentissage des lettres et des sons lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

 

Quand consulter en orthophonie ?

La dyspraxie verbale ne peut être traitée complètement, mais une intervention précoce peut en atténuer les effets. On vise ainsi à éviter les conséquences mentionnées au paragraphe précédent pour permettre à l’enfant de vivre avec son trouble en grandissant et d’être outillé pour s’exprimer clairement.

 

La dyspraxie verbale est généralement plus difficile à déceler et à diagnostiquer chez les bébés ou les jeunes enfants qui parlent peu. Cependant, les parents peuvent surveiller les signes suivants et consulter une orthophoniste en cas de doute : enfant silencieux qui fait peu ou pas de babillages, il bave beaucoup par rapport aux autres enfants, il n’imite pas les bruits et les sons… Bien qu’on risque de devoir attendre que l’enfant développe davantage la parole pour diagnostiquer la dyspraxie verbale, une intervention précoce peut grandement aider à limiter les difficultés qu’il pourrait rencontrer en vieillissant.

 

L’intervention en orthophonie dans le cas de la dyspraxie verbale

Ce trouble nécessite un accompagnement constant avec une orthophoniste spécialisée dans l’intervention de la dyspraxie verbale. Celle-ci diffère grandement des autres types d’intervention pour les troubles de la parole et du langage et elle vise une prise en charge complète de la dyspraxie, notamment en :

 

  • Améliorant les mouvements de la bouche et des structures nécessaires pour la prononciation ;
  • Proposant des stratégies pour aider l’enfant à s’exprimer et à mieux se faire comprendre par son entourage ;
  • Impliquant les parents, notamment pour la réalisation d’exercices à la maison ou pour supporter l’enfant malgré ses difficultés.

 

L’orthophoniste adapte son intervention à l’âge de son patient et base celle-ci sur une évaluation complète des capacités de l’enfant et des difficultés spécifiques qu’il rencontre. En général, on recommande plusieurs séances de courte durée chaque semaine pour une prise en charge optimale. La réalisation d’exercices à la maison encadrés par les parents est aussi très importante. En cas d’inquiétude, consultez les orthophonistes du Centre Mosaïque de Québec qui sont qualifiées pour déceler et prendre en charge la dyspraxie verbale.

 

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste

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