Mild Cognitive Impairment

Le mild cognitive impairment peut être pris en charge en orthophonie

C’est une condition qui est très peu connue au sein de la population, malgré le fait qu’on estime qu’elle affecte de 10 à 20 % des personnes de 65 ans et plus. Le Mild Cognitive Impairment (MCI), qu’on peut désigner en français par le terme « trouble cognitif léger », est un état de transition entre le vieillissement normal et la démence.

 

Avec le vieillissement de la population, il est prévu que la prévalence de la démence va augmenter considérablement. Mais s’il était possible d’identifier la démence dans ses premiers stades afin d’apporter de l’aide aux personnes qui en souffrent, et ce, afin de ralentir la baisse cognitive et de prévenir l’évolution de la condition ? Les orthophonistes du Centre Mosaïque de Québec croient qu’il est important de sensibiliser le public quant aux signes du Mild Cognitive Impariment et aux façons dont on peut intervenir pour freiner le déclin cognitif.

 

Du vieillissement normal à la démence 

Le vieillissement normal du cerveau entraine certains effets qui sont inévitables, notamment une atrophie du cerveau, qui perd environ 10 % de sa masse originale, et ce, à cause d’une perte neuronale et d’un déclin du nombre de neurotransmetteurs. Cela affecte certaines fonctions de la mémoire qui diminuent dans un contexte de vieillissement normal. Toutefois, il y a une différence marquée entre les effets qui sont associés au vieillissement normal et ceux associés à la démence. Voici un survol de ceux-ci.

 

Les signes du vieillissement normal

  • L’individu préserve son indépendance dans la réalisation des activités du quotidien.
  • Il dénote des pertes de mémoire, mais il est en mesure de fournir des détails en lien avec les évènements et les éléments qui ont été oubliés. L’individu est généralement plus inquiet par les pertes de mémoire que le sont ses proches.
  • Il est en mesure de se souvenir d’évènements récents ;
  • Les capacités à maintenir une conversation ne sont pas affectées, bien que l’individu puisse avoir de la difficulté à se souvenir de certains mots.
  • L’individu maintient ses capacités interpersonnelles et sociales.

 

Les signes de la démence

En parallèle aux signes du vieillissement normal mentionnés ci-haut, voici les signes qui sont plutôt associés à la démence :

  • L’individu est dépendant de son entourage pour la réalisation des activités du quotidien et pour combler certains besoins de base.
  • Il est conscient des pertes de mémoire qu’il subit lorsqu’on lui en parle, mais il ne peut se souvenir précisément des évènements oubliés. Ce sont les proches de la personne qui s’inquiètent des pertes de mémoire de cette dernière.
  • Il a de la difficulté à se rappeler d’évènements récents.
  • Les capacités à maintenir une conversation soutenue sont grandement diminuées. Les pauses sont fréquentes et des mots sont substitués.
  • On remarque une baisse marquée de l’intérêt pour les activités sociales. L’individu peut avoir des comportements qui ne sont pas socialement acceptables.

 

Le Mild Cognitive Impairment dans tout ça ?

Comme nous l’avons mentionné, le MCI représente une période de transition entre le vieillissement normal et la démence. En effet, des études ont démontré que des changements subtils dans les capacités neurocognitives peuvent survenir jusqu’à 9 ans avant que les signes cliniques de la démence (de type Alzheimer ou autre type de démence) ne soient diagnostiqués.

 

Il est très important de comprendre que le MCI n’est pas associé aux signes de la démence qui sont mentionnés précédemment dans cet article. En effet, bien qu’il s’agisse d’un déclin cognitif atypique, la personne qui en est atteinte demeure en mesure de maintenir son autonomie. Il s’agit là d’une différence importante entre le MCI et la démence à proprement dit. Ainsi, pour poser un diagnostic de MCI, les critères suivants doivent être réunis :

  • L’évaluation cognitive de l’individu ne permet pas de le classer dans la catégorie du vieillissement normal ou de la démence ;
  • La baisse cognitive est mise en lumière par l’individu lui-même ou par ses proches.
  • L’autonomie au quotidien est préservée.

 

Le MCI et l’intervention en orthophonie

Le but de l’intervention en orthophonie dans le cas du MCI est notamment de diagnostiquer la condition. C’est là la première étape pour être en mesure d’apporter une aide pertinente à la personne. Les orthophonistes ont effectivement accès à certains tests qui permettent de déceler le MCI en tant que stade précoce de la démence. Parmi ces tests, on retrouve des tests de langage standardisés qui peuvent être très pointus. Une fois le diagnostic précisé par l’orthophoniste, cette dernière peut mettre sur pied un programme d’exercices, comprenant des exercices de langage, qui vise à maintenir les capacités cognitives et à ralentir les effets de la démence, laquelle demeure inévitable. L’orthophoniste peut également fournir des conseils importants reliés à l’hygiène de vie qui visent à favoriser la santé cognitive et la stimulation mentale, qui sont plus qu’importantes dans la prévention de la démence.

 

Mais pourquoi l’intervention d’une orthophoniste est-elle si importante ? Les personnes vieillissantes qui font face à une baisse de leurs capacités cognitives ne devraient pas être laissées à elles-mêmes. L’orthophoniste peut en effet offrir des conseils personnalisés pour savoir comment stimuler le cerveau pour prévenir l’évolution de la démence. Selon une étude, la participation à une activité de stimulation cognitive par semaine permet de réduire de 7 % les risques de développer la démence. Il est donc d’une première importance de consulter une professionnelle si vous pensez que vous-même ou un proche souffrez de la démence dans ses premiers stades (Mild Cognitive Impairment), afin que des actions concrètes soient entreprises.

 

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste