Pour une relation plus saine avec les écrans

Le temps d'écran peut nuire au sommeil

Notre surconsommation d’écran fait beaucoup jaser depuis l’avènement des téléphones intelligents. La pandémie l’a sans contredit exacerbée, télétravail et confinement obligent… Les rencontres Zoom (vidéoconférence) sont devenues la norme dans le quotidien de beaucoup de personnes, alors que l’utilisation du téléphone intelligent et la présence sur les réseaux sociaux se sont souvent intensifiées. Devant ce phénomène, nous sommes en droit de remettre en question ces changements dans nos habitudes et de nous questionner quant aux impacts de notre consommation d’écrans.

En ce sens, nous souhaitions partager avec vous deux études que nous avons trouvées très intéressantes. Leurs résultats pourraient nous guider vers une relation plus saine avec les écrans.

Le temps d’écran chez les adultes

Ce n’est plus un secret pour personne ; les écrans sont omniprésents dans nos vies. Les conséquences pour la santé de cette surconsommation d’écrans ont été étudiées et sont bien documentées : troubles de vision, perturbation du sommeil, risque accru de surpoids et de maladies cardiovasculaires, etc.

Une étude réalisée aux États-Unis [Source] révélait qu’un adulte moyen passe 11 heures par jour devant un écran (ordinateur, télévision, téléphone intelligent, etc.) au travail et à la maison. L’entreprise Apple a quant à elle dévoilé qu’un utilisateur de l’iPhone le déverrouille en moyenne 80 fois par jour ! De façon générale, on recommande aux adolescents et aux adultes un maximum de 2 heures par jour de temps d’écran de loisir (télévision, jeux vidéo, jeux et réseaux sociaux sur les téléphones intelligents, etc.).

On comprend donc qu’il est pertinent de chercher à contrôler notre temps d’écran et à développer des habitudes plus saines. On vous présente ci-dessous les conseils de deux chercheurs américains. La première, la professeure Santos, vise à encourager une utilisation plus consciente de notre téléphone intelligent (pour éviter de l’allumer 80 fois par jour). Le second, le professeur Bailenson, offre des conseils pertinents aux personnes qui passent de longues heures devant des appels en vidéoconférence.

Téléphone intelligent : pour une utilisation plus consciente

Nous souhaitions vous parler du travail de la professeure Laurie Santos, qui enseigne à l’Université Yale. Elle s’intéresse entre autres au fonctionnement de notre esprit et aux façons dont on peut modifier notre propre perception du bonheur.

Avec la pandémie, notre utilisation des appareils mobiles a fortement augmenté et, selon la professeure Santos, cela risque de nuire à la qualité de nos relations actuelles. Devant cet enjeu, elle propose des stratégies pour nous encourager à développer une relation plus saine avec notre téléphone intelligent. Ces petits exercices visent à nous faire prendre conscience de nos comportements et à nous défaire de certains automatismes. Voici les questions qu’elle nous encourage à nous poser :

  • Quand on regarde notre téléphone, on doit se demander pourquoi. Est-ce dans un but précis ou par ennui ?
  • Quels sentiments ressent-on après avoir navigué sans but sur les réseaux sociaux ? Sont-ils plutôt positifs ou négatifs ?
  • L’utilisation du téléphone nous pousse-t-elle à ignorer les personnes autour de nous et nos interlocuteurs ? Nuit-elle à nos relations dans le moment présent ?
  • L’utilisation des écrans réduit-elle notre temps de sommeil ?
  • Comment peut-on mieux utiliser ce temps ? Devrait-on plutôt accorder notre attention à quelque chose de plus stimulant sur le plan cognitif, comme la lecture ou l’apprentissage d’une nouvelle langue ?

Selon la professeure Santos, pratiquer la pleine conscience lorsqu’il est question de notre utilisation des écrans est très important pour développer des habitudes plus saines qui, ultimement, auront un impact sur notre bien-être au quotidien.

Souffrez-vous de la « Zoom Fatigue » ?

Avec la pandémie et le télétravail, les rencontres Zoom ont remplacé les réunions en personne. L’utilisation des services de vidéoconférence s’est même immiscée dans notre vie sociale, alors qu’on cherchait à maintenir des liens pendant le confinement. Après quelques mois, on a constaté que la « Zoom Fatigue » s’est vite installée au sein de la population.

Le professeur Jeremy Bailenson, de l’Université de Stanford en Californie, s’est penché sur le phénomène et a publié un article dans lequel il étudie les aspects techniques de la vidéoconférence. Il cherchait à mesurer les impacts psychologiques de ces appels, qui durent parfois de longues heures chaque jour. Son objectif était de mettre en lumière ce qui entraine une fatigue importante d’un point de vue technique, afin d’offrir des pistes de solutions aux travailleurs et aux organisations. Il propose des changements d’interface qui sont généralement faciles à mettre en œuvre.

Voici quelques conseils qu’il a développés à la suite de ses recherches.

  • Utiliser un clavier externe : pour les personnes qui utilisent un ordinateur portable, cela permet de garder une « bulle » en créant une distance plus naturelle avec les participants de l’appel (distance entre son propre visage et la grille d’appel qui réunit les visages de tous les participants).
  • Réduire la taille de la fenêtre Zoom : en minimisant l’espace qu’occupe la fenêtre d’appel dans notre écran, on peut être plus « focus » et attentif aux discussions en cours. Cela favorise également des interactions plus naturelles.
  • Repositionner la caméra : en vidéoconférence, on doit rester stable dans le cadre précis qui est fixé par la caméra, ce qui affecte notre mobilité habituelle. Or, les études démontrent que le mouvement a un impact positif sur la performance cognitive. Pour créer plus d’espace et permettre une plus grande flexibilité, on peut positionner la caméra de côté afin de modifier le point de vue et ainsi permettre davantage de mouvements.
  • Cacher sa propre image : notre propre image que nous renvoie la caméra est bien peu naturelle, puisqu’on n’a jamais l’occasion de se voir constamment dans la vie de tous les jours. On sait que ça peut vite devenir un élément de distraction. De plus, des études ont démontré que notre propre réflexion a tendance à provoquer en nous des émotions négatives. Pour éviter cela, nous pouvons simplement cacher notre propre image, une option qu’offrent la plupart des applications de vidéoconférence.
  • Éteindre la caméra régulièrement : en vidéoconférence, on doit exagérer notre langage non verbal pour plusieurs raisons : signifier notre attention, acquiescer aux propos d’un autre participant, exprimer le désir d’intervenir, etc. Cela a un impact important sur la charge cognitive, alors qu’en personne les signaux non verbaux sont beaucoup plus naturels et faciles à déchiffrer. En ce sens, le chercheur nous encourage à éteindre la caméra lorsque c’est possible de le faire pour se donner une pause du « non verbal ».
  • Prendre des pauses : il faut se permettre de prendre des pauses de la vidéoconférence et d’utiliser d’autres moyens de communication qui sont beaucoup moins drainants sur le plan cognitif. Si le sujet peut être abordé rapidement lors d’un appel téléphonique ou dans un courriel, on peut certainement s’en contenter. Ultimement, ça permettra à tout le monde d’épargner du temps et beaucoup d’énergie !

Le professeur Bailenson croit que la vidéoconférence est là pour rester, mais que notre compréhension des effets de son utilisation fera évoluer cette dernière. Pour les besoins de cet article, nous avons largement résumé ses conseils. Si le sujet vous intéresse ou que les rencontres en vidéoconférence sont monnaie courante dans le cadre de votre travail, nous vous encourageons fortement à lire le compte-rendu de son étude disponible ici (en anglais seulement).

 

Nous espérons que vous avez trouvé ces informations et conseils aussi intéressants que ce fut notre cas. On sait que ce n’est pas facile de bien gérer notre relation avec les écrans, mais le travail de ces chercheurs montre que c’est possible de le faire, en nous offrant des pistes de solutions concrètes !

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste

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