Les inférences : comprendre les informations implicites

Lire entre les lignes et faire des inférences

« Ce midi, nos plats étaient très bons et le serveur était très gentil, nous lui avons donc laissé un bon pourboire ». Si vous entendez cette affirmation, vous comprenez qu’il est question d’un dîner pris au restaurant. C’est parce que vous avez été en mesure de comprendre les informations implicites, c’est-à-dire de faire des inférences. Grâce aux informations reliées au mot restaurant (plats, serveur, pourboire) vous avez fait des déductions afin de déterminer le lieu où s’est déroulée l’action.

 

Faire des inférences, c’est une aptitude cognitive qui est essentielle en compréhension de lecture. Lors de leurs apprentissages, les enfants doivent développer leur capacité à faire des inférences afin de devenir de bons lecteurs.

 

Pourquoi les inférences sont-elles si importantes ?

La compréhension en lecture demande l’implication de plusieurs aptitudes cognitives. Il faut en effet savoir identifier les mots qui sont écrits (leurs lettres et syllabes), il faut comprendre comment les phrases sont construites (syntaxe), tout en maintenant une bonne concentration et un niveau suffisant d’attention. Ça sollicite aussi la mémoire de travail, soit les capacités à retenir et à manipuler l’information, tout en en assimilant de nouvelles au cours de la lecture. Même en combinant l’ensemble de ces aptitudes, une compréhension efficace en lecture est impossible sans la capacité à faire des inférences.

 

En effet, un texte ne fournit jamais tous les éléments qui sont nécessaires à sa compréhension. Si c’était le cas, la majorité des textes seraient lourds, complexes et répétitifs. C’est pour cette raison qu’il faut apprendre à déduire les informations qui ne sont pas clairement mentionnées. Pour ce faire, il faut pouvoir combiner les indices du texte (liés au champ lexical) et nos propres connaissances du monde qui nous entoure.

 

Faire des inférences permet donc de :

  • Déterminer le contexte du texte, en identifiant des éléments qui permettent de comprendre les caractéristiques liées au temps, aux lieux et aux personnages de l’histoire.
  • Prédire un lien de cause à effet, soit les causes et les conséquences reliées à certaines parties de l’histoire.
  • Associer un sens aux nouveaux mots de vocabulaire.

 

Des stratégies pour développer la capacité à faire des inférences

Faire des inférences, c’est une habileté en lecture qui se développe. En ce sens, les parents peuvent mettre en pratique quelques stratégies avec leurs enfants lors de l’apprentissage de la lecture. Celles-ci visent à leur permettre de développer leur capacité à déduire les informations implicites, et donc à améliorer considérablement leur niveau de compréhension en lecture.

 

  1. Déterminer les éléments importants : revenir avec l’enfant sur ce qu’il vient de lire l’aide à identifier les éléments qui sont essentiels à sa compréhension du contexte. En ayant bien identifié les éléments explicites, il sera plus facile pour lui de déduire les éléments qui, eux, sont implicites.
  2. Identifier les champs lexicaux : un champ lexical regroupe les mots associés à un même thème. Encourager l’enfant à identifier les champs lexicaux dans un texte l’aide à déterminer et à anticiper les thèmes qui sont abordés.
  3. L’inviter à faire des liens avec ce qu’il connaît : une fois que les éléments essentiels à la compréhension du contexte sont identifiés, il faut encourager l’enfant à aller puiser dans ses propres connaissances. Les connaissances qu’il a du monde et de ses composantes sont essentielles pour lui permettre de faire des inférences.
  4. Expliquer à l’enfant votre propre raisonnement : une fois que les éléments essentiels à la compréhension du contexte sont identifiés, il est pertinent d’expliquer à l’enfant le raisonnement que vous avez vous-même effectué pour identifier les éléments implicites. Vous lui donnerez ainsi un modèle de raisonnement qu’il pourra reproduire par la suite.
  5. Poser des questions : finalement, poser des questions à l’enfant est une excellente façon de l’encourager à « creuser » au-delà des informations qui lui sont fournies. Si le texte mentionne « Jacob avait mis son foulard et sa tuque afin d’affronter le froid polaire », on peut questionner son enfant afin de l’amener à déterminer par lui-même que l’action se déroule en hiver. C’est une bonne façon de l’encourager à lire entre les lignes.

 

Le soutien de l’orthophoniste

La capacité à faire des inférences est inhérente au développement du langage écrit, et donc aux aptitudes en lecture. Le langage écrit fait partie des champs d’expertise de l’orthophoniste. Son intervention peut donc s’avérer pertinente pour un enfant qui apprend à lire et qui semble rencontrer des défis supplémentaires lorsque vient le temps de déduire par lui-même les informations implicites, mais essentielles à la compréhension d’un texte.

 

En ce sens, l’orthophoniste peut évaluer l’enfant et préciser les difficultés qu’il rencontre. Cette évaluation peut notamment permettre de déterminer si ces difficultés sont causées par un trouble d’apprentissage, lequel pourrait nuire aux capacités de l’enfant à faire des inférences. Finalement, à la lumière de l’évaluation, l’orthophoniste peut mettre sur pied un plan d’intervention. Celui-ci peut notamment comprendre des séances avec l’enfant, lors desquelles on réalise différents types d’exercices ludiques. Des stratégies personnalisées, à mettre en pratique pour développer sa capacité à faire des inférences, peuvent aussi être proposées au jeune et à ses parents.

 

En cas de questionnement à la suite de la lecture de cet article, n’hésitez pas à contacter nos orthophonistes de Québec. Elles sauront vous recommander une évaluation en orthophonie avec votre enfant si elles croient que c’est pertinent.

 

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste