Le bredouillement

Le bredouillement peut gêner les échanges

Comme le bégaiement, le bredouillement est un trouble de la fluidité de la parole. Néanmoins, il s’agit d’un trouble distinct qui est de plus en plus documenté en orthophonie. L’équipe du Centre Mosaïque de Québec vous présente donc des informations importantes au sujet du bredouillement, notamment sur ses manifestations distinctes et sur ce qu’on peut faire pour aider les personnes qui sont aux prises avec ce trouble.

Qu’est-ce que le bredouillement ?  

En anglais, on appelle le bredouillement « cluttering ». Lorsqu’on en fait une traduction littérale, ce terme signifie plutôt « encombrement » ou « désordre ». Nous croyons qu’il vaut la peine de le mentionner, puisque ça illustre bien le problème qu’on rencontre chez une personne qui bredouille.

En effet, dans le cas du bredouillement, le discours d’une personne semble réellement encombré. Cela se produit puisque le débit de la parole est beaucoup plus élevé que la normale. En effet, on estime que les personnes qui bredouillent énoncent jusqu’à 12 syllabes par secondes, contre les 5 syllabes énoncées chez une personne qui n’a pas de trouble de la fluidité. De plus, dans le cas du bredouillement, on remarque peu de pauses entre les phrases. Un locuteur qui n’a pas de trouble a généralement tendance à prendre des pauses de 0,5 à 1 seconde pour permettre à son interlocuteur de bien assimiler les informations, de même que pour lui permettre d’avoir une meilleure compréhension. Ces pauses sont aussi importantes pour permettre au locuteur de mieux planifier le reste de son discours.

Ce débit anormalement élevé entraine une augmentation importante du nombre de disfluidités, telles que les répétitions de mots, les interjections et les mots de remplissage, comme « heu… ». De plus, des disfluidités qui sont aussi associées au bégaiement peuvent se manifester, soit des répétitions de parties de mots ou de mots monosyllabiques, des prolongements des consonnes ou des blocages. Cependant, celles-ci ne sont généralement pas accompagnées des mêmes tensions, notamment dans le visage, que chez les personnes qui bégaient.

À cause du débit de parole très élevé, une personne qui bredouille n’a pas toujours le temps de bien planifier et exécuter les mouvements nécessaires à la production des mots. Cela produit des télescopages, c’est-à-dire l’omission de syllabes dans certains mots ou bien des inversions et des substitutions dans les sons.

Comment aider une personne qui bredouille ?

Un enjeu important en ce qui concerne le bredouillement concerne le fait que la personne qui est aux prises avec ce trouble semble avoir des lacunes au niveau de l’auto-écoute. C’est un peu comme si elle n’avait pas conscience des disfluidité qui se produisent et de l’inintelligibilité de son discours. Ainsi, pour un interlocuteur, il est difficile de comprendre ce que la personne dit et de suivre efficacement le fil de ses pensées.

En effet, ce sont généralement les autres qui se plaignent de mal comprendre une personne qui bredouille, plutôt que la personne elle-même qui n’a pas vraiment conscience de son trouble. Cette situation peut donc s’avérer frustrante pour un interlocuteur. Ce dernier risque de ne pas se sentir écouté et d’avoir l’impression que sa compréhension n’est pas prise en compte. Cependant, il est alors important de manifester le désir de bien communiquer avec la personne qui bredouille et de bien la comprendre. Un interlocuteur doit, en gardant une attitude calme et attentive, favoriser les interactions en posant des questions. Cela incitera la personne qui bredouille à fournir des réponses plus claires. Le fait de reformuler est une bonne façon de démontrer qu’on désire bien comprendre.

Le soutien de l’orthophoniste en cas de bredouillement

Le bredouillement peut se manifester dès l’enfance, c’est-à-dire autour de l’âge de 7 ou 8 ans. À cet âge, les exigences auxquelles sont soumises les enfants, notamment dans le cadre scolaire, deviennent plus importantes. Celles-ci peuvent donc contribuer à l’apparition du bredouillement, et des disfluidités reliées, chez les jeunes qui sont prédisposés à ce trouble.

Peu importe l’âge d’une personne, le bredouillement peut être pris en charge en orthophonie. Pour ce faire, on doit commencer par effectuer une évaluation complète du bredouillement afin de bien comprendre ses manifestations et les spécificités. On doit également prendre en considération les contextes dans lesquels les disfluidités se produisent. Ces dernières sont généralement plus fréquentes dans les contextes moins familiers et lors de conversations spontanées. La personne qui bredouille a alors généralement moins de contrôle sur la vitesse de la parole et sur l’organisation de ses pensées.

En orthophonie, avec une personne qui bredouille, on peut travailler sur plusieurs aspects une fois qu’on a une bonne compréhension des spécificités du trouble. D’abord, on cherche généralement à réduire le débit de parole, grâce à différentes stratégies et exercices. On travaille également sur l’auto-écoute et sur une prise de conscience des disfluidités, de même que sur l’amélioration de l’articulation. Un autre point important est qu’on aide la personne qui bredouille à mieux prendre en considération ses interlocuteurs et à développer son écoute.

Les personnes qui bredouillent bénéficient d’une prise en charge précoce de leur trouble. Ultimement, cette prise en charge devrait les aider à communiquer plus efficacement et à réduire les retours négatifs de la part des interlocuteurs. Ces derniers peuvent, à long terme, affecter négativement la confiance personnelle des personnes qui bredouillent.

 

Pour toute question sur le sujet, ou pour prévoir une évaluation pour votre enfant ou un proche qui bredouille, contactez l’équipe du Centre Mosaïque, vos orthophonistes à Québec !

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste