La réadaptation post-AVC en orthophonie

Une femme ayant subit un AVC

Les accidents vasculaires cérébraux font peur, d’autant plus quand on sait qu’ils risquent d’entraîner des séquelles qui peuvent affecter l’autonomie et la capacité à fonctionner au quotidien. Parmi celles-ci, on retrouve notamment les séquelles au niveau de la communication qui touchent jusqu’à un tiers des personnes qui subissent un AVC. Cette condition, appelée aphasie, doit faire l’objet d’une réadaptation intensive en orthophonie, la communication étant un aspect essentiel à l’épanouissement social.

 

Qu’est-ce que l’aphasie ?

À la suite d’un AVC, lorsque les régions du cerveau qui sont responsables du langage sont touchées, la personne atteinte risque de souffrir d’aphasie. L’aphasie se manifeste par des difficultés de communication, lesquelles peuvent concerner autant l’expression (se faire comprendre par les autres) que la compréhension du langage. De plus, dans certains cas, les difficultés peuvent aussi se manifester dans la compréhension du langage écrit (lecture et écriture).

 

L’aphasie peut prendre plusieurs formes et chacune d’elles peut provoquer des difficultés de communication particulières. Voici néanmoins les manifestations les plus courantes de l’aphasie :

  • Des difficultés à trouver ses mots ;
  • Une diminution de la communication, c’est-à-dire que la personne répond par des mots simples ou elle a de la difficulté à produire des phrases ;
  • Des difficultés de prononciation, un débit de parole plus lent ;
  • Des difficultés pour produire le bon mot et les syllabes d’un mot dans le bon ordre ;
  • La personne produit toujours les mêmes mots, peu importe le contexte ou la situation ;
  • La personne a de la difficulté à comprendre ce qu’on lui dit. Elle peut aussi avoir de la difficulté à lire ;
  • La personne invente ou mélange les mots, ce qui rend son discours difficile à comprendre ;
  • La personne présente des difficultés à comprendre la communication non verbale, les doubles sens, les sous-entendus, etc.

 

L’Importance de poursuivre la rééducation post-AVC avec un orthophoniste

Au Québec, les personnes qui subissent un AVC et qui souffrent, par la suite, de séquelles se retrouvent souvent dans une situation précaire. En effet, notre système de santé publique prévoit une rééducation à la suite d’un AVC dont la durée est généralement d’un an. Durant cette période, plusieurs professionnels de la santé peuvent être impliqués pour participer à la rééducation physique et pour aider à pallier les limitations rencontrées au quotidien. Parmi ceux-ci on retrouve bien entendu les orthophonistes, qui visent à prendre en charge les difficultés de communication par le biais de la rééducation en orthophonie.

 

Toutefois, il faut savoir que la récupération à la suite des séquelles laissées par un AVC se fait généralement plus rapidement dans les 6 mois qui suivent l’accident. Par la suite, la personne peut mettre plusieurs mois, voire plusieurs années à retrouver ses capacités initiales, ou bien des capacités lui permettant de fonctionner au quotidien. Ainsi, de nombreuses personnes se retrouvent, d’une certaine façon, laissées à elles-mêmes lorsqu’elles n’ont plus accès aux services de réadaptation prévus par le régime public.

 

Heureusement, il faut savoir que l’aphasie et ses conséquences ne s’aggravent généralement pas, elles ont plutôt tendance à s’atténuer avec le temps. Il faut néanmoins que la personne bénéficie d’une rééducation rigoureuse, laquelle doit souvent se poursuivre au-delà des 12 mois prévus par notre système de santé… C’est là que l’intervention d’orthophonistes prend tout son sens.

 

Les objectifs de la rééducation orthophonique

Les personnes qui souffrent d’aphasie font souvent face à une importante frustration puisqu’elles n’arrivent pas à communiquer adéquatement leurs besoins et leurs désirs. Il leur devient alors très ardu de maintenir de bonnes relations avec leur entourage, ce qui ne fait qu’exacerber la frustration, autant pour la personne elle-même que pour ses proches.

 

En ce sens, l’orthophoniste vise à mettre sur pied des stratégies de communication qui permettent de compenser les difficultés provoquées par l’aphasie. Ces stratégies s’adressent principalement aux proches de l’individu aphasique, notamment sous la forme de conseils pertinents pour entretenir des échanges clairs, cohérents et efficaces. De plus, l’orthophoniste peut poursuivre la rééducation auprès de la personne elle-même pour l’aider à réacquérir ses capacités de communication originales, lorsque c’est possible. On vise ainsi à permettre à la personne aphasique de poursuivre les activités qui sont importantes pour elle, tout en maintenant de bonnes relations avec son entourage.

 

En somme, il faut retenir qu’une personne aphasique peut toujours progresser et améliorer ses capacités qui sont affectées par les séquelles de l’AVC. Pour ce faire, elle doit néanmoins obtenir le support nécessaire auprès des professionnels du langage : les orthophonistes ! En effet, les études sur le sujet tendent à démontrer qu’une rééducation plus intensive, c’est-à-dire des séances en orthophonie plus longues et plus rapprochées dans le temps, peuvent permettre une récupération plus rapide et plus importante.

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste