Le TDA/H chez les filles

Le TDA/H chez les filles est moins connu

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) a longtemps été associé aux garçons. Comme les manifestations du trouble tendent à être différentes chez les filles, ces dernières sont moins souvent diagnostiquées dès l’enfance. De ce fait, elles ne reçoivent pas toujours le soutien adéquat pour mieux vivre avec le TDA/H et pour composer avec les défis supplémentaires qu’elles rencontrent.

 

Afin de sensibiliser les parents aux TDA/H chez les filles, les orthophonistes du Centre Mosaïque présentent ci-dessous des faits importants pour mieux comprendre la réalité vécue par les filles qui ont un tel trouble.

 

Un trouble moins bien compris

Pendant de longues années, les études qui portaient sur le TDA/H s’intéressaient aux garçons ainsi qu’aux signes et symptômes de ces derniers. L’intérêt et les recherches concernant spécifiquement le TDA/H chez les filles n’ont réellement commencé qu’à la fin des années 2000. Pour cette raison, les tests et les questionnaires servant à diagnostiquer le trouble sont majoritairement conçus en fonction des symptômes chez les garçons.

 

De plus, il est important de souligner que les manifestations du TDA/H sont différentes chez les garçons et chez les filles. En effet, ces dernières ont souvent plus tendance à être inattentives, à être rêveuses. Les symptômes du trouble vont moins dans le sens de l’hyperactivité, alors que les garçons sont souvent agités en classe, impulsifs, voire agressifs avec leurs pairs ou avec l’autorité. Les filles sont, dans bien des cas, plus tranquilles et réservées, donc le TDA/H apparaît moins évidemment aux parents, aux enseignants et aux intervenants scolaires.

 

Ainsi, le TDA/H chez les filles est largement sous-diagnostiqué. Dans bien des cas, alors que les jeunes garçons reçoivent un diagnostic dès le primaire, les filles ont tendance à être diagnostiquées plus tard dans leur vie, soit à l’adolescence ou même à l’âge adulte. Cela n’est pas sans conséquence, notamment sur le cheminement scolaire, puisque les jeunes filles ne profitent pas d’un accompagnement et d’un soutien adéquat.

 

Les manifestations du TDA/H chez les filles

Voici des détails concernant les symptômes du TDA/H chez les filles, que nous partageons avec vous afin de mettre la puce à l’oreille des parents de jeunes filles qui pourraient remarquer ces manifestations chez elles.

 

TDA (type inattentif, sans hyperactivité)

  • Rêveuse, elle semble souvent « dans son monde » ;
  • Comportement d’évitement des situations inconnues, facile à décourager ;
  • Gênée avec ses camardes et les inconnus ;
  • Elle se sent facilement dépassée, notamment lors des devoirs ou de la réalisation d’un projet scolaire ;
  • Elle a tendance à se blâmer pour ses difficultés, à dire qu’elle n’est pas assez intelligente ;
  • Risque accru de développer des troubles anxieux ou d’autres problèmes de santé mentale, comme la dépression ou les troubles alimentaires, ainsi que l’abus de substances (en vieillissant).

 

TDAH (type hyperactif/impulsif)

  • L’hyperactivité peut se traduire par un besoin excessif de s’exprimer, d’échanger avec les autres. On dit que la jeune fille a de « la jasette » ;
  • Facilement agitée, elle devient nerveuse rapidement ;
  • Elle aime être la « leader » et diriger ses camarades ;
  • Elle est téméraire, elle prend des risques inutiles ;
  • Elle a des difficultés à organiser les tâches et à structurer la charge de travail, particulièrement lorsque celle-ci devient plus importante.

 

Autres manifestations possibles

  • Elle a des difficultés d’adaptation, particulièrement en périodes de transition ;
  • Elle semble immature par rapport aux enfants du même âge ;
  • Elle a des difficultés de communication sociale, par exemple pour la compréhension des signaux non verbaux ou pour l’application des normes sociales ;
  • Des difficultés à se faire des amis peuvent en découler.

 

Il faut être attentifs aux manifestations du TDA/H chez les jeunes filles et consulter en cas de doute. Elles ont aussi le droit de profiter d’un soutien adéquat.

 

L’importance d’un accompagnement personnalisé pour le TDA/H chez les filles

L’évaluation et le diagnostic d’un TDA/H doivent être faits par un psychologue, un psychiatre, un neurologue ou par un médecin qui est formé spécialement. Une fois un diagnostic obtenu, différents professionnels peuvent offrir un soutien adapté au jeune qui doit composer avec les défis supplémentaires occasionnés par le trouble.

 

Parmi ces professionnels, on retrouve notamment l’orthophoniste. En effet, les personnes qui sont aux prises avec un TDA/H sont plus à risque de développer des difficultés d’apprentissage, mais aussi au niveau du langage et de la communication. Nous avons d’ailleurs dédié un article au TDA/H chez l’enfant et à ses impacts sur le langage et la communication. Le but de l’intervention en orthophonie est donc de pallier les difficultés rencontrées et, notamment, d’aider le jeune à organiser ses pensées lorsqu’il s’exprime. L’orthophoniste peut également offrir des conseils pertinents, adressés aux parents et aux intervenants scolaires de l’enfant, pour adapter la communication en fonction des difficultés engendrées par le TDA/H.

 

 

L’équipe du Centre Mosaïque de Québec offre des services d’orthophonie à Québec, adaptés aux besoins des familles. Quelle que soit la nature du problème orthophonique rencontré ou en cas d’inquiétudes, n’hésitez pas à consulter nos orthophonistes.

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste