Stratégies pour soutenir la compréhension en lecture

Un père aide sa fille avec la compréhension en lecture

Pour être un bon lecteur, il faut savoir développer des stratégies efficaces. En effet, il ne suffit pas d’être en mesure de décoder les informations textuelles, il faut aussi mettre en place des stratégies pour avoir une bonne compréhension des informations, de l’histoire ou du message qu’elles transmettent. Dans cette optique, les orthophonistes du Centre Mosaïque de Québec partagent avec vous des stratégies à mettre en place pour favoriser la compréhension en lecture, plus particulièrement chez les enfants qui sont en plein développement de leurs habiletés.

 

L’importance de la compréhension en lecture

La compréhension en lecture, c’est l’habileté à donner un sens à ce qu’on lit. Lorsqu’on apprend à lire étant enfant, la compréhension est sans contredit l’un des principaux objectifs des apprentissages.

 

On s’en rend moins compte lorsqu’on est un lecteur expérimenté, mais la lecture n’est pas passive. Il faut mettre en pratique plusieurs aptitudes en même temps, notamment le décodage des lettres, des mots et des phrases, mais aussi l’internalisation et l’analyse des informations, en se basant sur nos connaissances et notre expérience du monde qui nous entoure. En somme, ce n’est pas suffisant de savoir décoder et lire rapidement un texte. Il faut aussi être en mesure d’associer un sens au divers élément de ce dernier (contexte, temps, personnages, etc.).

 

Des études en sciences cognitives ont démontré que lorsqu’on lit, on fait constamment des liens avec les connaissances déjà acquises. En d’autres mots, on construit des schémas mentaux interconnectés entre eux, qui sont eux-mêmes connectés aux nouvelles informations ou connaissances contenues dans le texte. Bien entendu, plus on vieillit et on acquiert d’expérience et de connaissances, plus étendus et complexes deviennent ces schémas.

 

Même si vous utilisez inconsciemment, en tant qu’adulte, les stratégies de compréhension en lecture, les jeunes qui en font l’apprentissage gagnent à être encadrés. Voici en ce sens des stratégies à mettre en pratique.

 

Faire appel à ce que l’enfant connaît déjà

Même s’il peut sembler naturel de faire des liens avec nos connaissances pour avoir une bonne compréhension d’un texte, il est pertinent d’encourager un enfant qui débute en lecture. En allant lui-même puiser dans ce qu’il connaît du ou des thèmes abordés dans le texte, l’enfant établit une certaine structure pour organiser ses pensées lorsqu’il cherchera à comprendre le reste des informations.

 

L’aider à faire des inférences

Comme un texte ne fournit jamais tous les éléments qui sont nécessaires à sa compréhension, il faut alors savoir faire des inférences pour déduire les éléments qui sont implicites. Faire des inférences, c’est une habileté qui se développe et qui permet de mieux comprendre le contexte d’un texte ou d’une histoire, d’associer un lien de cause à effet, en plus d’aider à développer le vocabulaire.

 

Nous vous présentons dans cet article sur notre blogue plusieurs stratégies pour développer la capacité à faire des inférences chez un enfant.

 

Faire des prédictions

C’est là une bonne façon de faire appel aux connaissances de l’enfant. En effet, en lisant, on tend à faire des prédictions, par exemple quant à la suite des évènements dans un récit. On évalue alors ces prédictions au fur et à mesure qu’on avance dans notre lecture et on ajuste les prédictions qu’on a faites en fonction des informations fournies. Ces dernières permettent, à mesure où on avance dans la lecture, de confirmer ou d’infirmer nos hypothèses.

 

Ainsi, avant même de commencer à lire une histoire avec un jeune enfant, on peut lire le titre et regarder les images de la couverture. On invite alors l’enfant à prédire le sujet de l’histoire ou les évènements qui se produiront.

 

Résumer l’information

Lorsqu’on résume un texte ou une histoire, on rassemble et on synthétise les informations pour en faire ressortir les éléments les plus importants pour la compréhension. Il ne faut pas négliger cette étape, puisque le fait de résumer permet au jeune lecteur de travailler sa mémoire en se remémorant et en réunissant ces informations. De plus, cela peut aider à mieux comprendre l’organisation d’un texte, c’est-à-dire à identifier les parties les plus importantes et à comprendre comment les éléments sont liés entre eux.

 

L’auto-évaluation de la compréhension

L’auto-évaluation de la compréhension est une autre habileté essentielle en lecture. Ça permet d’identifier les informations qu’on a bien assimilées et celles qu’on a moins bien comprises, pour ensuite mettre en place les stratégies nécessaires pour améliorer la compréhension. Chez un bon lecteur, l’auto-évaluation de la compréhension peut se faire simultanément à la lecture de nouvelles informations. Lorsqu’un élément est mal compris, on met alors en place des stratégies : relire, lire des passages subséquents du texte, rechercher la définition d’un mot inconnu dans le dictionnaire, demander de l’aide à quelqu’un qui en connaît plus sur le sujet (parent, ou enseignant), etc.

 

Même si, en tant que lecteur expérimenté, il vous semble que ces stratégies sont évidentes pour la compréhension en lecture, elles sont moins instinctives pour un jeune enfant qui est en plein développement de ses compétences. Pour encadrer un jeune lecteur, il est donc pertinent de garder en tête ces stratégies et de les lui rappeler.

 

Le soutien en orthophonie pour améliorer la compréhension en lecture

Celui-ci s’avère parfois nécessaire pour épauler un jeune lecteur qui rencontre des défis supplémentaires liés à ses aptitudes en compréhension de la lecture. Puisque le langage écrit et les compétences qui l’entourent font partie intégrante du champ d’expertise de l’orthophoniste, on gagne à consulter cette professionnelle. Une évaluation peut mettre en lumière des difficultés supplémentaires. Le cas échéant, on développe ensuite un plan d’intervention visant à amoindrir ces dernières et à permettre à l’enfant de développer l’ensemble de ses habiletés pour qu’il devienne un bon lecteur et pour qu’il ait du plaisir à lire !

 

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste