Favoriser le développement de l’autonomie chez l’enfant

Un enfant développe son autonomie pour s'habiller

En grandissant, l’enfant évolue d’une façon qui, à terme, devrait lui permettre de faire ses propres choix et de se débrouiller dans diverses situations. Pour en arriver là, il lui faut acquérir des aptitudes, des compétences et de l’autonomie, soit une capacité d’agir par lui-même et d’assumer ses actions et ses décisions. Cette dernière faculté ne se développant pas d’un seul coup, il est important, comme parent, d’aider son enfant à y parvenir.

 

Voici quelques informations préparées par les professionnelles du Centre Mosaïque à Québec portant sur le développement de l’autonomie chez l’enfant. Nous abordons notamment l’importance que cela revêt pour son évolution et ses apprentissages, ainsi que des stratégies à adopter pour faciliter ce processus.

 

Qu’est-ce que l’autonomie ?

L’autonomie, ça permet de se débrouiller dans les activités et tâches du quotidien, et donc d’être indépendant. Bien entendu chez un enfant, le besoin en autonomie évolue constamment à mesure où il vieillit, et cette évolution se poursuit tout au long de l’adolescence et même au-delà. De plus, mentionnons que l’autonomie joue un rôle central dans le développement de la personne ; elle agit en quelque sorte comme socle à l’acquisition et la consolidation de la confiance en soi, de l’estime personnelle et de l’indépendance.

 

Autonomie et apprentissages

Concrètement, c’est en développant son autonomie que l’enfant apprend, graduellement, à accomplir par lui-même certaines tâches essentielles de la vie quotidienne : s’habiller, faire ses soins d’hygiène, faire son lit, ranger sa chambre, manger seul et proprement, etc. L’acquisition d’une certaine autonomie est aussi bénéfique aux apprentissages fondamentaux, comme celui du langage (parlé et écrit), et à la réussite scolaire. Ce dernier concept est néanmoins variable et on doit l’adapter à chaque enfant, à ses capacités et aux défis auxquels il est confronté. En effet, certaines compétences et aptitudes (mémoire de travail, capacités de concentration, flexibilité cognitive) liées directement aux capacités d’apprentissage se développent et s’affinent au fur et à mesure que l’autonomie s’acquiert.

 

Un défi pour les enfants avec des difficultés d’apprentissage

Dans cette optique, le développement de l’autonomie revêt une importance particulière pour les enfants ayant des difficultés d’apprentissage : elle aide à mettre en place un environnement propice à l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences. En contrepartie, il s’agit d’un défi supplémentaire, au sens où il est parfois nécessaire d’apporter certaines adaptations pour aider l’enfant qui compose avec les difficultés à apprendre et à intégrer de nouvelles tâches.

 

 Quelques conseils pour aider l’enfant à développer son autonomie

Que votre enfant ait des difficultés d’apprentissage et/ou trouble du langage ou non, il est important de l’aider à développer son autonomie. Pour ce faire, il faut lui donner de plus en plus de responsabilités et de tâches, en gardant ces quelques conseils en tête :

 

  1. Adapter vos demandes en fonction de son âge 

Pour aider l’enfant à développer son autonomie, il faut notamment lui confier des tâches et des responsabilités, toujours plus grandes. Ainsi, il faut que les demandes soient adaptées à ses capacités et son niveau de développement. La difficulté d’exécution de la tâche et le niveau d’autonomie nécessaire évolueront ainsi au fur et à mesure que l’enfant grandit. Dans tous les cas, il est important de bien lui expliquer et de bien lui montrer les tâches. L’utilisation de tableaux et de pictogrammes peut également aider à communiquer les demandes et à suivre les progrès de l’enfant.

 

Quelques exemples de demandes adaptées à l’âge :

  • Petite enfance (0-4 ans) : Ranger ses jouets, aider à faire le lit, choisir sa vaisselle pour manger (couleur, verre préféré, etc.), jeter les choses, manger avec des ustensiles, etc.
  • 5-6 ans : Participer à la routine d’hygiène, brosser ses dents, s’habiller seul, aider aux tâches ménagères, ranger sa chambre, contribuer aux soins d’un animal de compagnie, etc.
  • 7-8 ans : Mettre la table, choisir seul ses vêtements, se laver sans aide, ranger la vaisselle, etc.
  • 9 ans et plus : Faire ses devoirs seul (avec une certaine supervision), prendre certaines tâches ménagères en charge (passer le balai, nettoyer la table après les repas, etc.), gérer seul les routines du lever et du coucher, etc.

 

  1. Avoir une attitude encourageante et positive 

Il est normal que certaines tâches soient plus difficiles à maîtriser que d’autres. Il faut donc prendre le temps nécessaire pour les expliquer et pour réviser les éléments moins bien compris. Tentez également de garder une attitude positive : soulignez les succès plutôt que les échecs. En cas d’erreurs, relevez-les sans chicaner l’enfant. Profitez-en plutôt pour lui expliquer en quoi c’est une erreur et pour lui proposer des moyens de la corriger.

 

  1. Offrir un encadrement adapté

Plus l’enfant est jeune, plus il faut l’encadrer. Au fur et à mesure qu’il maîtrise de nouvelles tâches, tentez de vous détacher pour le laisser faire par lui-même. Il est toutefois important de rester disponible et de continuer à le superviser afin de s’assurer du bon développement de son autonomie.

 

  1. Reconnaître ses limites et ne pas le pousser inutilement

Dans une optique similaire, il est important de tenir compte des limites de l’enfant, qu’elles soient liées à son âge ou aux difficultés auxquelles il fait face (TDAH, trouble du langage, condition neurologique atypique, etc.). Il ne faut toutefois pas s’arrêter à ses limites et aux échecs : seulement, il faut moduler les demandes et les attentes et s’adapter à son évolution.

 

Si l’enfant a des difficultés connues et qu’il est suivi par une orthophoniste, n’hésitez pas à aborder le sujet de l’autonomie avec elle lors de votre prochaine consultation, en présentiel ou en ligne. Elle saura vous aider et vous conseiller quant aux stratégies à mettre en place. Elle pourra également tenir compte des limites de l’enfant au niveau de l’autonomie dans ses évaluations et ses interventions.

Approuvé par Geneviève Fily-Paré
Diplômée de la maitrise en orthophonie à l’université Laval, Geneviève y a également complété un baccalauréat en Service social.
Geneviève Fily-Paré, M.Sc.O(C) Orthophoniste